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Les ingénieurs civils ferroviaires (2007) J.E. Schwitzer et Ron M. Bailey Les ingénieurs civils ferroviaires – cette catégorie est représentée par
feu J.E. Schwitzer, du Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP), et par un
retraité du CN, Ron M. Bailey, d’Edmonton. J.E. Schwitzer Les réalisations laissées en héritage par les ingénieurs civils ferroviaires jouent aujourd’hui un rôle tout aussi important que celui qu’elles jouaient il y a près d’un siècle. Prenons l’exemple de l’héritage légué par John Edward Schwitzer. Né à Ottawa en avril 1870, M. Schwitzer est entré au service du Chemin de fer Canadien Pacifique in 1899. Il lui a suffi de huit années pour gravir les échelons jusqu’à la direction de l’Ingénierie des lignes de l’Ouest du CFCP. Là, l’attendaient deux défis qui allaient donner lieu à la réalisation d’ouvrages spectaculaires.Le rythme trépidant de la construction dans les années 1880 et 1890 a nécessité l’utilisation d’itinéraires temporaires où de grands travaux de génie devaient être exécutés. Sur la ligne principale du CFCP, la partie la plus difficile, et de loin, à entretenir et à exploiter consistait en un tronçon de 6,5 kilomètres situé immédiatement à l’ouest de la ligne de partage des eaux, dans ce qui est aujourd’hui le parc national Yoho, en Colombie-Britannique.
M. Schwitzer proposa alors une solution qui s’inspirait du modèle européen des « tunnels hélicoïdaux ». Plus précisément, on doubla la longueur de la ligne, lui ajoutant 6,5 kilomètres en lui faisant parcourir des boucles complètes, ce qui permit de ramener la déclivité à un niveau moindre. Le nouvel itinéraire de 13 kilomètres, dont la construction fut entreprise en 1907, avait une déclivité constante de 2,2 pour cent. En conséquence, la capacité de la ligne principale du CFCP augmenta puisque le nouveau tracé permettait non seulement de doubler la capacité de traction des locomotives, mais aussi d’accroître la sécurité et la circulation des trains sur ce tronçon. Une fois terminé, le tunnel hélicoïdal supérieur, dans le mont Cathedral, avait une longueur de 993 mètres et comportait au total 288 degrés de courbure pour une élévation de 17 mètres. Le tunnel inférieur, qui franchissait le mont Ogden, avait une longueur de 891 mètres et comportait au total 226 degrés de courbure pour une élévation de 15 mètres. Le 1er septembre 1909, les premiers trains franchirent les désormais célèbres « tunnels hélicoïdaux du CFCP », qui font toujours partie de la ligne transcontinentale exploitée de nos jours.
Mis en service trois mois après les tunnels hélicoïdaux, soit en novembre 1909, ce viaduc sert encore de nos jours au CFCP qui y fait circuler des trains-blocs modernes affectés au transport du charbon ainsi que des trains de marchandises générales. Ces deux grands projets ainsi que d’autres, moins spectaculaires, mais tout aussi importants, ont valu à M. Schwitzer d’être promu au poste d’ingénieur en chef (réseau) en janvier 1911. Malheureusement, il est décédé des complications d’une pneumonie trois semaines après sa nomination. Le CFCP a immortalisé son nom à une jonction ferroviaire située près de Souris, au Manitoba.Ron M. Bailey
Comme M. Bailey travaillait pour le major J.L. Charles – un ingénieur en chef de triste réputation du CN – il était difficile d’obtenir des congés durant la période de construction de pointe, même pour se marier! En raison de ces contraintes, Ron et sa nouvelle épouse Marion se sont mariés à Jasper au mois de mai 1951. Pour leur lune de miel, on leur a prêté une voiture de train-parc sur la ligne du CN à New Hazelton, dans le nord de la Colombie-Britannique. M. Bailey a occupé des postes d’ingénierie dans les Prairies, mais c’est à titre d’ingénieur en chef à la région des Montagnes du CN qu’il a laissé sa marque dans les années 1970 et au début des années 1980. La croissance marquée des envois de charbon, de soufre, de céréales et de potasse a poussé le CN à rechercher et à mettre en œuvre de nouvelles technologies afin de pouvoir transporter d’importants volumes de produits en vrac lourds dans des trains-blocs. La région des Montagnes du CN, où M. Bailey dirigeait les activités d’ingénierie, a fait œuvre de pionnier en mettant en place l’infrastructure nécessaire pour acheminer ces volumes. L’installation de traverses en béton – une première sur une voie principale au Canada –, l’implantation d’un nouveau système de commande centralisée de la circulation, le doublement de voies et le désengorgement des subdivisions d’Edson et d’Albreda à l’ouest d’Edmonton ainsi que des subdivisions de Yale et d’Ashcroft dans le canyon du Fraser, ont tous fait partie d’un projet de grande envergure visant à accroître la capacité du chemin de fer.
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